SIPEN-UEMOA : Izaï Toé appelle les Burkinabè à adopter l’extension .bf pour renforcer la souveraineté numérique

‎ »En matière de noms de domaines, la règle est simple : premier arrivé, premier servi », c’est sur cette réalité, souvent méconnue, que Izaï Toé, directeur exécutif de l’Alliance burkinabè des domaines d’Internet (ABDI), a conclu sa communication lors de la première session de travail du Salon international des professionnels de l’économie numérique de l’UEMOA (SIPEN-UEMOA). Pour lui, réserver un nom de domaine en .bf n’est plus une simple formalité technique, mais un enjeu de souveraineté numérique, de visibilité et d’anticipation. 

‎Placée sous le thème « Gouvernance de l’Internet, souveraineté numérique et coopération régionale des CCTLD dans l’espace UEMOA », cette première session permet aux participants de mieux comprendre les mécanismes qui régissent Internet ainsi que les défis auxquels les États de l’Union sont confrontés.

‎Pour poser les bases de son intervention, Izaï Toé est revenu sur l’histoire d’Internet. Il rappelle que le réseau mondial est né en 1969 d’une collaboration entre des chercheurs universitaires et des militaires américains souhaitant disposer d’un système de communication plus fiable. Au fil des décennies, les innovations technologiques ont transformé ce projet expérimental en une infrastructure mondiale reliant aujourd’hui près de cinq milliards d’utilisateurs.

‎Mais si Internet est désormais omniprésent dans la vie quotidienne, son fonctionnement reste largement méconnu du grand public. C’est précisément ce qui justifie, selon le directeur exécutif de l’ABDI, la nécessité de vulgariser la notion de gouvernance de l’Internet.

‎ »Contrairement à une idée répandue, Internet n’appartient ni à un État ni à une entreprise. Sa gouvernance repose sur un modèle multipartite dans lequel interviennent les gouvernements, les entreprises privées, les organisations techniques, les universités, les chercheurs, les organisations de la société civile ainsi que les citoyens », précise Izaï Toé durant la session.

‎Cette approche, selon lui est essentielle pour garantir un développement équilibré du numérique. Les règles qui encadrent Internet doivent être élaborées collectivement afin de répondre aux attentes de tous les utilisateurs. Cette gouvernance collaborative constitue également un levier pour préserver un Internet ouvert, stable et accessible à tous, dans un contexte où les usages numériques ne cessent de se développer. 

« Dans le futur, si vous n’avez pas votre parcelle sur Internet, vous n’avez pas prévu des parcelles sur Internet pour vos enfants, ils vont dire que vous n’avez pas été visionnaires », fait savoir Izaï Toé.


‎La cybersécurité, un défi devenu incontournable

‎L’intervenant a également insisté sur l’un des grands défis de la cybersécurité. Aujourd’hui, Internet irrigue pratiquement tous les secteurs de la société. Les administrations, les banques, les entreprises, les écoles, les hôpitaux et les particuliers dépendent quotidiennement des services numériques. Cette dépendance accrue expose cependant les utilisateurs à de nombreuses menaces : cyberattaques, vols de données, usurpations d’identités ou encore escroqueries en ligne. Selon lui, protéger les infrastructures numériques et sécuriser les utilisateurs est devenu une priorité pour les États. Cette protection passe aussi bien par des investissements techniques que par la sensibilisation des populations aux bonnes pratiques numériques.

‎Le .bf, une identité numérique encore sous-exploitée

‎L’un des points centraux de la communication concernait les Country Code Top Level Domain (ccTLD), c’est-à-dire les extensions nationales des noms de domaines. Chaque pays dispose de son propre espace numérique, à l’image de son territoire physique. Au Burkina Faso, cette identité est matérialisée par l’extension .bf. Le Sénégal dispose du .sn, la Côte d’Ivoire du .ci, le Niger du .ne, le Bénin du .bj ou encore le Togo du .tg. Pourtant, Izaï Toé constate que de nombreuses entreprises, institutions et organisations burkinabè continuent d’utiliser des extensions génériques telles que .com ou .org, au détriment du .bf.

‎Selon lui, promouvoir cette extension nationale contribue pourtant à renforcer la visibilité du Burkina Faso sur Internet, à affirmer son identité numérique et à mieux valoriser ses ressources digitales. 

‎ »Toutes les ressources numériques utilisées au Burkina devraient idéalement être hébergées dans notre espace numérique « , a-t-il expliqué, invitant les organisations publiques comme privées à privilégier le .bf.

‎Au-delà de l’aspect technique, cette démarche participe à la souveraineté numérique des États. Dans un monde où les échanges économiques, administratifs et sociaux passent de plus en plus par Internet, disposer d’une identité numérique forte devient un enjeu stratégique.

Les participants issus de la zone UEMOA ont posé les préoccupations liées à l’espace


‎Pour le directeur exécutif de l’ABDI, les noms de domaines nationaux constituent un patrimoine numérique qu’il convient de protéger au même titre que les autres ressources stratégiques d’un pays.

‎Il rappelle d’ailleurs que l’enregistrement d’un nom de domaine obéit à une règle universelle : premier arrivé, premier servi. Ainsi, si une institution tarde à réserver son nom en .bf, une autre personne pourrait légalement l’obtenir avant elle, ouvrant ensuite la voie à des procédures longues et parfois coûteuses pour récupérer cette identité numérique. Il prend l’exemple de l’UEMOA qui, selon lui, gagnerait à réserver ses différentes déclinaisons nationales, comme uemoa.bf ou uemoa.sn, afin d’éviter d’éventuels litiges.

‎Une coopération régionale pour peser davantage

‎ »Face aux grands enjeux mondiaux de l’Internet, les États de l’UEMOA ne peuvent agir isolément », estime Izaï Toé.

‎Il plaide pour un renforcement de la coopération régionale entre les gestionnaires des domaines nationaux afin de défendre des positions communes dans les instances internationales chargées de la gouvernance de l’Internet. Une telle coordination permettrait également aux pays de mutualiser leurs expériences, d’améliorer la protection de leurs espaces numériques et de promouvoir ensemble leurs extensions nationales. Cette solidarité régionale apparaît d’autant plus nécessaire que les décisions prises au niveau international influencent directement le développement du numérique dans les pays africains.

‎Pour clore sa session, Izaï Toé a utilisé une image parlante pour illustrer l’importance des noms de domaine. « Les gens courent pour acquérir des parcelles physiques, mais ils oublient souvent leur parcelle sur Internet « , a-t-il fait remarquer. Selon lui, si l’espace numérique est invisible, il n’en demeure pas moins stratégique. Réserver dès aujourd’hui son nom de domaine, c’est protéger son identité, préparer son activité future et offrir aux générations suivantes une place dans l’économie numérique. Son plaidoyer s’adresse aussi bien aux administrations qu’aux entreprises, aux associations, aux médias et aux particuliers. Tous sont invités à considérer le .bf comme un outil de souveraineté, de crédibilité et de développement. Au-delà d’une simple extension web, le .bf symbolise désormais la présence du Burkina Faso dans le cyberespace.

Farida Thiombiano
‎Lefaso.net

Panel d’experts : un dialogue constructif pour accélérer la transition vers l’IPv6 au Burkina Faso

Panel d’experts : un dialogue constructif pour accélérer la transition vers l’IPv6 au Burkina Faso

Moment phare de la 3ᵉ édition de l’IPv6 Forum Burkina Faso, le panel d’experts a constitué un véritable cadre de réflexion et de concertation autour des enjeux liés à l’adoption de l’IPv6 au Burkina Faso.

Modéré avec rigueur par Dr Charles NKUNA, spécialiste des technologies Internet, ce panel a réuni trois experts représentant les principaux opérateurs de télécommunications du pays : Camarade. Alassane KAFANDO pour Telecel Faso, Camarade. Boukary BIRBA pour Orange Burkina Faso et Camarade. Adama Koèlè NEYA pour Moov Africa Burkina Faso.

Dr Charles NKUNA, spécialiste des technologies Internet

S’appuyant sur leurs expériences respectives, les panélistes ont dressé un état des lieux de la migration vers l’IPv6 au sein de leurs structures, tout en mettant en lumière les initiatives déjà engagées, les défis rencontrés et les perspectives de déploiement de ce protocole essentiel à l’évolution de l’Internet.

Camarade. Adama Koèlè NEYA pour Moov Africa Burkina Faso

Les discussions ont porté sur plusieurs thématiques majeures, notamment la modernisation des infrastructures réseau, les mécanismes de gouvernance, le renforcement des capacités techniques, la sensibilisation des utilisateurs, ainsi que les stratégies permettant d’accélérer l’adoption de l’IPv6 à l’échelle nationale.

Camarade. Boukary BIRBA pour Orange Burkina Faso

Les intervenants ont également souligné que la réussite de cette transition repose sur une mobilisation collective impliquant les pouvoirs publics, les opérateurs de télécommunications, les fournisseurs de services Internet, les établissements d’enseignement supérieur, les entreprises et l’ensemble de l’écosystème numérique.

Camarade. Alassane KAFANDO pour Telecel Faso

Au-delà des aspects techniques, ce panel a permis de mettre en évidence les nombreuses opportunités qu’offre l’IPv6 en matière d’innovation, de performance des réseaux, de cybersécurité et de développement de nouveaux services numériques.

Les échanges, particulièrement interactifs, ont donné lieu à des recommandations pertinentes en faveur d’une accélération de la migration vers l’IPv6, traduisant une volonté commune de passer des engagements à l’action.

À travers ce panel, la 3ᵉ édition de l’IPv6 Forum Burkina Faso a confirmé son rôle de plateforme de dialogue, de partage d’expériences et de concertation entre les principaux acteurs du numérique, contribuant ainsi à faire de l’IPv6 un levier stratégique pour la transformation numérique et la souveraineté numérique du Burkina Faso.

L’ABDI tient son 2ᵉ Conseil d’Administration de l’année 2026

L’ABDI tient son 2ᵉ Conseil d’Administration de l’année 2026
L’Alliance Burkinabè des Domaines Internet (ABDI) a tenu, le lundi 06 juillet 2026, en format virtuel, son 2ᵉ Conseil d’Administration de l’année 2026. Cette session de travail a réuni les administrateurs autour de questions stratégiques visant à renforcer les actions de l’organisation et à consolider sa contribution au développement de l’Internet au Burkina Faso.
Au cours de cette rencontre, les membres du Conseil ont examiné les principaux dossiers inscrits à l’ordre du jour, notamment le programme d’activités 2026 révisé ainsi que le budget annuel 2026 révisé. Ces travaux ont permis de faire le point sur les priorités de l’organisation, d’évaluer les ajustements nécessaires et de définir les orientations devant guider la mise en œuvre des activités au cours de l’exercice.
Les échanges, marqués par un esprit de responsabilité et une vision partagée, ont offert l’opportunité aux administrateurs d’apporter leurs analyses et recommandations afin d’assurer une meilleure efficacité dans l’exécution des projets et initiatives de l’ABDI.
Au-delà de l’examen des documents, la rubrique « Divers » a permis aux participants d’aborder plusieurs sujets d’intérêt relatifs à la vie de l’Association et aux perspectives de développement du secteur du numérique au Burkina Faso.
Cette 2e session du Conseil d’Administration témoigne de la volonté constante de l’ABDI de promouvoir une gouvernance dynamique, transparente et orientée vers les résultats. Elle traduit également l’engagement de l’Alliance à poursuivre ses actions en faveur du développement de l’Internet, de la transformation numérique et du renforcement de la souveraineté numérique du Burkina Faso.
À travers ce cadre de concertation et de prise de décision, l’ABDI réaffirme sa détermination à accompagner les mutations technologiques et à contribuer activement à l’édification d’un environnement numérique innovant, sécurisé et porteur d’opportunités pour l’ensemble des acteurs.

 3ᵉ édition de l’IPv6 Forum Burkina Faso : Des engagements à l’action

 3ᵉ édition de l’IPv6 Forum Burkina Faso : Des engagements à l’action

L’Alliance Burkinabè des Domaines Internet (ABDI) a organisé, le vendredi 03 juillet 2026, la 3ᵉ édition de l’IPv6 Forum Burkina Faso. Tenue en format virtuel, cette rencontre s’est déroulée sous le thème : « IPv6 au Burkina Faso : passer des engagements à l’action pour un Internet de nouvelle génération. »

Ce rendez-vous a réuni, en ligne, des représentants de l’administration publique, des opérateurs de télécommunications, des fournisseurs d’accès à Internet, des experts, des universitaires ainsi que des professionnels du numérique autour d’un objectif commun : accélérer l’adoption de l’IPv6 afin de construire un Internet plus performant, plus sécurisé et durable au Burkina Faso.

Une cérémonie d’ouverture marquée par des messages forts

La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par le Conseiller technique Sdou YANOGO, représentant la Camarade Ministre de la Transition digitale des Postes et des Communications Electroniques, Dr Aminata ZERBO/SABANE. Il a salué l’engagement constant de l’ABDI en faveur de la promotion de l’IPv6 et du renforcement de l’écosystème numérique national.

Dans son allocution, il a rappelé que la transition vers l’IPv6 constitue une étape stratégique pour accompagner la transformation numérique du Burkina Faso. Il a également invité l’ensemble des parties prenantes à renforcer leur collaboration afin de faire de l’IPv6 un véritable levier d’innovation, de développement économique et de souveraineté numérique.

Les différentes interventions prononcées au cours de la cérémonie d’ouverture ont unanimement souligné l’urgence de passer des intentions aux réalisations concrètes, afin de répondre aux défis liés à l’évolution rapide des technologies de l’information et de la communication.

Des échanges enrichissants autour des défis de l’IPv6

À l’issue de la cérémonie d’ouverture, les travaux se sont poursuivis avec un panel d’experts, modéré par Dr Charles NKUNA, spécialiste des technologies Internet, qui a su conduire les échanges avec pertinence et dynamisme.

Le panel a réuni trois experts du secteur, à savoir le Camarade Alassane KAFANDO, représentant Télécel Faso S.A, le Camarade  Boukary BIRBA, représentant Orange Burkina Fasoet le Camarade Adama Koèlè NEYA, représentant Moov Africa Burkina Faso.

Les intervenants ont partagé leurs analyses, leurs expériences ainsi que leurs recommandations sur les actions à mettre en œuvre pour accélérer la migration vers l’IPv6. Les discussions ont porté notamment sur les défis techniques, les mécanismes de gouvernance, le renforcement des capacités, la sensibilisation des différents acteurs ainsi que les opportunités qu’offre l’IPv6 pour le développement d’un Internet de nouvelle génération.

Les échanges ont également mis en évidence la nécessité d’une mobilisation collective des institutions publiques, des opérateurs, des fournisseurs de services Internet, des établissements d’enseignement supérieur et de l’ensemble de l’écosystème numérique afin de garantir une transition réussie vers ce nouveau protocole.

Un engagement renouvelé pour l’avenir de l’Internet au Burkina Faso

À travers cette troisième édition de l’IPv6 Forum Burkina Faso, l’ABDI réaffirme son engagement à accompagner les acteurs nationaux dans l’adoption de l’IPv6 et à promouvoir les bonnes pratiques favorisant un Internet plus résilient, plus sécurisé et capable de répondre aux exigences de la transformation numérique.

En offrant un espace de dialogue, de partage d’expériences et de réflexion stratégique, le Forum contribue à renforcer la coopération entre les différents acteurs et à impulser une dynamique nationale en faveur d’un déploiement effectif de l’IPv6.

Cette troisième édition constitue une nouvelle étape vers la concrétisation des engagements pris par les différents acteurs, avec l’ambition commune de bâtir un Internet de nouvelle génération, au service du développement numérique du Burkina Faso.

Clap de fin de la 4e édition de Faso IP Academy

Clap de fin de la 4e édition de Faso IP Academy

La 4ᵉ édition de Faso IP Academy, organisée par l’Alliance Burkinabè des Domaines Internet (ABDI), a officiellement pris fin le jeudi 02 juillet 2026, après quatre jours de formation consacrés à l’« Introduction à l’IPv6 ».

Cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’ABDI de contribuer au renforcement des capacités des acteurs du numérique et de promouvoir l’adoption de l’IPv6, protocole essentiel au développement de l’Internet de nouvelle génération.

Pendant quatre jours, une dizaine de participants, composés d’étudiants et de professionnels de l’informatique, ont bénéficié d’une formation théorique et pratique animée par M. Mahamadi SANA, expert reconnu dans le domaine de l’IPv6. À travers des présentations, des démonstrations et des échanges interactifs, les apprenants ont acquis les connaissances fondamentales nécessaires à la compréhension des enjeux, des mécanismes et des perspectives liés au déploiement de l’IPv6.

La cérémonie officielle de clôture a été présidée par M. Guy BOUDA, Chargé de missions à l’ABDI. Dans son allocution, il a félicité les participants pour leur engagement tout au long de la formation et les a encouragés à faire la promotion de notre nom de domaine sur Internet en occurrence le .bf, symbole de notre souveraineté sur Internet

Moment fort de cette cérémonie, la remise des attestations de participation est venue récompenser les efforts fournis par les apprenants et consacrer la réussite de cette quatrième édition. À travers Faso IP Academy, l’ABDI réaffirme son engagement à accompagner le renforcement des compétences techniques des acteurs du numérique et à promouvoir l’adoption de l’IPv6, un levier indispensable pour construire un Internet plus performant, plus sécurisé, plus innovant et durable au Burkina Faso.