JPO ABDI 2026 : un panel stratégique pour renforcer la souveraineté numérique du Burkina Faso

Dans le cadre de ses Journées Portes Ouvertes, l’Alliance Burkinabè des Domaines Internet (ABDI) a organisé, ce mercredi 1er avril 2026, un panel de haut niveau autour du thème : « Le nom de domaine comme levier stratégique de l’identité numérique ». Il a permis de dresser un état des lieux approfondi de l’écosystème de l’identité numérique et de dégager des orientations stratégiques fortes.

Ce cadre d’échanges, marqué par la qualité des contributions, a réuni experts, décideurs et acteurs du numérique autour d’une ambition commune : consolider la souveraineté numérique, renforcer la confiance dans l’écosystème national et structurer l’usage sécurisé des plateformes et identités numériques.

Des experts aguerris pour décortiquer le thème

Animé par des experts reconnus, ce panel a connu la participation de Monsieur Béliournibé Jean Thierry SOMDA et Monsieur Charles BAZIE, en qualité de panélistes.

Les échanges ont été modérés par Monsieur Rodrigue GUIGUEMDE, qui a su orienter les discussions et favoriser une interaction dynamique entre les intervenants et les participants.

Une souveraineté numérique portée par une fibre patriotique renforcée

Les échanges ont mis en évidence une appropriation encore limitée des ressources numériques nationales, notamment en matière de plateformes et d’identités numériques.

Face à ce constat, les panélistes ont appelé à impulser une véritable fibre patriotique numérique, fondée sur la promotion des solutions locales et l’adoption des services sous ancrage national, notamment le « .bf ».

Cette dynamique vise à renforcer durablement la crédibilité des institutions et à affirmer la souveraineté numérique du Burkina Faso.

Mieux comprendre les usages pour mieux agir

Un autre point clé soulevé concerne la désaffection progressive de certains sites web, dont les causes restent encore insuffisamment documentées.

Les participants ont recommandé la conduite d’études approfondies afin d’identifier les freins réels à l’usage : manque de confiance, faible valeur perçue, problèmes de sécurité, ergonomie inadaptée ou encore concurrence d’autres canaux numériques.

Une meilleure compréhension de ces comportements permettra d’apporter des réponses adaptées et efficaces.

Vers un référentiel national des sites web

Le panel a également relevé l’absence d’un cadre harmonisé régissant la conception, l’exploitation et l’évaluation des sites web au niveau national.

En réponse, il a été proposé d’élaborer un référentiel national des sites web, intégrant les exigences de qualité, d’accessibilité, de performance, de sécurité et d’expérience utilisateur, en cohérence avec les standards internationaux.

Une telle démarche contribuerait à améliorer significativement la qualité globale des plateformes numériques.

La sécurité numérique au cœur des priorités

Les discussions ont mis en lumière la nécessité de renforcer la sécurité des infrastructures numériques, à travers une évaluation continue des systèmes, des points de terminaison et des dispositifs de protection.

Dans cette dynamique, le renforcement des capacités en cybersécurité apparaît comme un impératif. Des programmes de formation ciblés sur les bonnes pratiques (attaques DDoS, VPN, pare-feu, sécurisation des échanges, protection des terminaux) ont été fortement recommandés.

Parallèlement, les panélistes ont insisté sur l’importance de mener des campagnes de sensibilisation à grande échelle afin de promouvoir une véritable culture de la cybersécurité auprès des institutions, des entreprises et des citoyens.

Le « .bf », un levier stratégique de confiance et d’identité

L’extension nationale « .bf » a été identifiée comme un outil stratégique encore sous-exploité.

Les échanges ont mis en évidence la nécessité de mieux comprendre ses freins d’adoption à travers une enquête dédiée, tout en renforçant les actions de promotion et de plaidoyer.

L’ambition est claire : faire du « .bf » un marqueur fort d’identité numérique, de confiance et de souveraineté.

A cet effet, un décret de promotion du « .bf » a même été suggéré à l’image de celui relatif à la construction des sièges sociaux des grandes entreprises.

Redynamiser les plateformes web nationales

Face au constat d’abandon ou de faible fréquentation de nombreux sites web, les participants ont recommandé l’activation de leviers d’accélération tels que :

  • l’accompagnement des acteurs,
  • la définition d’exigences minimales de qualité,
  • le suivi des performances,
  • et l’amélioration continue des contenus et services.

Ces actions visent à garantir la pérennité et l’efficacité des plateformes numériques.

Vers une exemplarité de l’administration publique

Un point structurant des recommandations concerne le rôle moteur de l’administration publique.

Les panélistes ont proposé de généraliser progressivement l’usage des noms de domaine et des adresses e-mail en « .bf » au sein des institutions, afin de renforcer la cohérence, l’authenticité et la sécurité des communications officielles.

Cette orientation positionne l’écosystème national comme un véritable tiers de confiance numérique.

À travers ces orientations, l’ABDI confirme son rôle de catalyseur dans la structuration d’un Internet national plus sécurisé, plus inclusif et résolument tourné vers le développement.